THÉORIE ET PRATIQUE DE LA SYSTÉMIQUE ET DE LA COMPLEXITÉ

Site personnel de Claude ROCHET

Dernière mise à jour : 11-nov-12  

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Connaître la systémique :

Pourquoi étudier sérieusement la systémique?

"L'engouement pour la systémique et la rupture avec les modèles linéaires fit naître quantité de gourous renversant des pyramides, aplatissant les triangles et dessinant force boîtes reliées par une multitude de flèches à double sens. L'intérêt pratique des gourous est dans leur capacité à traduire des réalités complexes dans des messages simples, mais où commencent les « redoutables simplifications » dénoncées par Watzlawick ?.

Au nom de la destruction des anciens modèles rationalistes, on en venait à nier, dans la lignée de Feyerabend, le rôle même de la raison. Le rationalisme de l'ingénieur était centré sur les boîtes et leur agencement selon un ordre optimal. Il s'agissait maintenant d'intégrer les apports des sciences de la conception développées par Herbert Simon : dès lors qu'un système est ouvert il n'y a pas d'optimum et tout équilibre est en interaction avec son environnement. Or, au nom de la « post-modernité » se déclencha une offensive contre toute forme de rationalité au nom du relativisme cognitif le plus absolu. On prenait appui sur la mécanique quantique pour montrer que le réel n'était qu'illusion, bref, pour reprendre l'expression de Jacques Bouveresse, « le droit de dire n'importe quoi devenait mieux défendu que le droit de dire que l'on dit n'importe quoi ». Au nom d'analogies douteuses avec le théorème de Gödel, la relation d'incertitude d'Heisenberg, la théorie du chaos, la science devenait un alibi pour des démarches qui se prétendaient à l'abri de toute critique. Au scientisme positiviste succédait un nouveau scientisme relativiste. L'ouvrage ravageur et salutaire de Sokal et Bricmont contre cette invasion du relativisme cognitif remit les choses à leur place."

A la découverte de la systémique :
  • Un système est quelque chose -n'importe quoi- qui a des activités, échange de l'information avec son environnement et est capable de garder son identité au service d'une finalité. Il a donc des propriétés auto-organisatrices
  • Un système est un homéostat, soit quelque chose qui tend à se reproduire à l'identique. S'il n'a pas de finalité, il se dégrade sous l'effet de l'entropie.
  • Un système est arborescent: cette arborescence relie les parties entre elles par ordre de complexité croissante. Chaque partie est un (sous) système, qui peut être un système à part entière ou une simple brique (The Principle of Recursive Systems Construction).
  • L'arborecsence s'organise selon le principe du pilotage: pour qu'un système en pilote un autre, il faut que sa complexité soit égale ou supérieure à celle du système piloté.
  • La valeur d'un système est donc supérieure à la somme de ses parties.
  • Pour optimiser un système, il faut optimiser son ensemble, soit l'architecture des parties entre elles. Il ne sert à rien d'optimiser une partie et non l'ensemble (The problem of suboptimization).
  • Un système de jeu multi-acteurs trouve son équilibre selon le principe de Cournot-Nash, soit un équilibre sous-optimum, aucun des acteurs ne connaissant la stratégie des autres acteurs et ne pouvant optimiser sa stratégie.
  • Un système peut avoir un comportment ergodique, c'est-à-dire prédictible, ou non-ergodique: on ne peut déduire son état futur de la connaissance de son état actuel.
  • La systémique est une approche fondamentalement pluridisciplinaire: elle intègre la cybernétique proprement dite (science de la computation), la psychiatrie (notamment la théorie de la schizophrénie), l'écologie (la vraie!), l'anthropologie et touche à la philosophie politique au travers de la théorie des organisations. Le père fondateur de cette approche pluridisciplinaire est Gregory Bateson. (Œuvres, cursus)
  • Parmi les disciplines dérivées, la biosémiotique qui étudie la communication et la production de signes entre les sytsèmes vivants, qu'ils appartiennent au règne animal ou à la sociologie des organisations.


Le site de De principia Cybernetica (en anglais) vous rend accessibles tous les concepts fondamentaux de la systémique et leur application à la compréhension des systèmes complexes.

  • Ce site publie en ligne des livres importants des pères fondateurs de la systémique :
    1. "A mathematical theory of communication" de Claude Shannon"
    2. "The Phenomenon of science" de Valentin Turchin.
    3. et le livre fondateur (et épuisé) de Ross Ashby "Introduction to cybernetics"
  • Qu'est-ce que la cybernétique? Une synthèse extremement claire de Francis Heylighen, pour Encyclopedia of Physical Science &Technology: Cybernetics and Second-Order Cybernetics: Cybernetics is the science that studies the abstract principles of organization in complex systems. It is concerned not so much with what systems consist of, but how they function. Cybernetics focuses on how systems use information, models, and control actions to steer owards and maintain their goals, while counteracting various disturbances. Being inherentl transdisciplinary, cybernetic reasoning can be applied to understand, model and desig systems of any kind: physical, technological, biological, ecological, psychological, social, o any combination of those. Second-order cybernetics in particular studies the role of the (human) observer in the construction of models of systems and other observers.
  • Ce site étant d'une richesse incroyable, vous pouvez le télécharger d'un seul coup pour naviguer en paix .
  • Les études et programmes de recherche dans le domaine de la systémique et de la complexité
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  • Les principales définitions des sciences de la complexité
 Comprendre les systèmes, c'est comprendre l'entropie.

Le terme entropie a été forgé en 1865 par le physicien allemand Clausius à partir de la racine grecque tropi qui évoque l'idée de transformation ou de retour en arrière. Il introduisit cette grandeur afin de caractériser mathématiquement l'irréversibilité de processus physiques tels qu'une transformation de travail en chaleur. Depuis cette époque, tel le dieu grec Protée, le concept d'entropie n'a cessé de se métamorphoser [...] Nous verrons en particulier que la notion de quantité d'information, utile en théorie de la communication ou en informatique, est étroitement apparentée à celle d'entropie.
Roger Balian, Les états de la matière,

L'étude de la communication et de la production de signes par les systèmes vivants est l'objet de la biosémiotique:

 Un principe important de la systémique : l'entropie :

    Un point important à saisir avec l'entropie est le principe d'irréversibilité : un système va toujours d'un état instable vers un état stable (cet état stable fut-il létal) et jamais l'inverse. C'est l'effet des lois statistiques de convergence qui sélectionnent les états les plus stables aux dépens des moins stables. C'est une application de la seconde loi de la thermodynamique de Sadi Carnot: un système perd de l'énergie (de la chaleur pour un système mécanique, ou de l'information pour un système vivant) et tend ainsi vers la stabilité. A l'inverse, pour passer d'un état stable à un état instable (donc impulser un processus de changement) il faut injecter de l'énergie ou de l'information. (Principles of Systems and cybernetics:an evolutionary perspective).

    L'entropie est une propriété générale de tous les systèmes. On doit à Claude Shannon son application à la théorie de l'information.

Que faire avec la systémique?

Rien moins que tenter de comprendre comment fonctionnent les systèmes vivants : les sociétés, les groupes, les organisations, les États. C'est pour ça qu'elle n'est pas enseignée à l'ENA.

Notre compréhension des systèmes vivants et du rôle que nous pouvons y jouer vont nous être guidés par notre éthique (Innovation et éthique)

La théorie du chaos (de l'ordre dans le désordre) est essentielle à la compréhension de l'émergence du nouveau. Le chaos est à la fois un processus aléatoire en ce que les phénomènes qu'il génère sont imprévisibles, et à la fois déterministe parceque l'on peut définir l'espace d'occurrence de ces phénomènes (deterministic chaos) qui convergent vers un attracteur.

Les applications au management des organisations et à l'économie:

  • Les applications au management des organisations: La théorie du chaos, mal vulgarisée par certains gourous du management, a donné lieu à mésinterprétation: Cet excellent article fait le point sur la question "From Chaos to complexity in strategic planning" Chaos theory has the potential to contribute valuable insights into the nature of complex systems in the business world. However, care must be taken when reading popular accounts of chaos in the management literature. As is often the case with the introduction of a new management metaphor, "chaos" tends to be suddenly seen in almost all managerial systems (Levy, 1994). Recent research on complex systems in physics and biology has revealed that chaos is only one of four possible states into which the behaviour of complex systemsmay be classified. More importantly, this research has also revealed that systems do not tend to gravitate towards chaotic behaviour but rather towards an area of complexity between chaos and order." Il ne faut pas en effet confondre les systèmes chaotiques (soumis au principe de dépendance sensitive des conditions initiales ou "effet papillon", et donc supposent des conditions initiales stables), et les systèmes adaptatifs (ou co-évolutifs) qui au contraire ont des comportements apprenant pour se modifier au service de la même finalité.
  • Systèmes multi-agents coopératifs

Ces précautions épistémologiques étant prises, la théorie du chaos et de la complexité peut-être d'un grand intérêt pour le pilotage des organisations et des politiques publiques:

Les applications au pilotage des systèmes

 

Cesames

Le Cesames, une association créée par des chercheurs et des professeurs à l'intention des pratciens, qui est un lieu d'excellence pour l'application de la systémique à l'architecture d'entreprise.

C'est avec le Cesames que j'ai crée, au sein du Ministère des Finances, un programme d'assistance et de formation aux architectes systèmes.



  • Les mécanismes de l'évolution: Quand augmentent les possibilités d'interaction entre les parties d'un système, celui-ci essaye toutes les combinaisons possibles pour ne retenir que celles qui mènent à un système stable, dit "méta-système":
    • "MST is a necessary step of evolution, both biological and cultural; this is just a fact of combinatorics. Evolution proceeds by random trial (spontaneous arrangement of some building blocks) and error (elimination of unstable arrangements) with an occasional hit: emergence of successful (stable) formation. When nature or man tries this game with the number of blocks greater than a few, the probability of a hit is practically zero. But the divide-and-conquer method may work: choose among arrangements of only a small number of blocks, and if the resulting formation is stable enough, make an MST: use it as a new block for the next structural level of the system. (Trial and error in metasystem transition) "
  • La théorie des méta-systèmes, est développée par le programme "De principia cybernetica": (Metasystem Transition Theory) Metasystem Transition Theory (MSTT) is the name we have given our particular cybernetic philosophy. Its most salient concept is, of course, the Metasystem Transition (MST), the evolutionary process by which higher levels of complexity and control are generated. But it also includes our views on philosophical problems, and makes predictions about the possible future of mankind and life. Our goal is to create, on the basis of cybernetic concepts, an integrated philosophical system, or "world view", proposing answers to the most fundamental questions about the world, ourselves, and our ultimate values."
Chaos et émergence
  • « Une cause très petite, qui nous échappe, détermine un effet considérable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est dû au hasard. Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'univers à l'instant initial, nous pourrions prédire exactement la situation de ce même univers à un instant ultérieur. Mais, lors même que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrions connaître la situation qu'approximativement. Si cela nous permet de prévoir la situation ultérieure avec la même approximation, c'est tout ce qu'il nous faut, nous disons que le phénomène a été prévu, qu'il est régi par des lois ; mais il n'en est pas toujours ainsi, il peut arriver que de petites différences dans les conditions initiales en engendrent de très grandes dans les phénomènes finaux ; une petite erreur sur les premières produirait une erreur énorme sur les derniers. La prédiction devient impossible et nous avons le phénomène fortuit. » (Henri Poincaré, qui posa les bases de la théorie du chaos en étudiant le "problème des trois corps")
  • Une très large et exhaustive présentation de la théorie du chaos et de la complexité du point de vue du management.
  • La différence entre l'approche systémique et l'approche analytique n'est pas encore claire pour vous? Jacques Lapointe, professeur à l'Université Laval vous explique tout
  • La modélisation systémique prolonge - complète - l'analyse déterministe en introduisant la notion d'émergence : C'est le propos d'une revue de Nouvelle Angleterre: "Emergence: A Journal of Complexity Issues in Organizations and Management"
  • Links on cybernetics and system sciences

Et la complexité, me direz-vous?

C'est le résultat du grand nombre d'états que peut prendre un système, compte tenu des interrelations que peuvent bâtir ses parties. Ces états ne sont pas prévisibles par analyse déterministe dès lors que le système est ouvert. Beaucoup de ces états sont émergents. (Modelling emergence)

Il faut alors procéder par construction de modèles qui vont représenter les états possibles des phénomènes émergents. Il faut également disposer d'un modèle pour construire les modèles, le méta-modèle. (Voir mon article sur le diagramme d'affinité)

C'est une activité qui demande humilité, discernement, critique au sens poppérien du terme. C'est sans doute aussi pour çà que ce n'est pas enseigné à l'ENA, où l'on croit encore prédire avec certitude l'effet de la modification d'un demi-point de TVA.

Les systèmes ont des propriétés auto-organisatrices qui leur permettent de s'adapter au changement externe tout en conservant leur finalité:

  • "The dynamics of a self-organizing system is typically non-linear, because of circular or feedback relations between the components. Positive feedback leads to an explosive growth, which ends when all components have been absorbed into the new configuration, leaving the system in a stable, negative feedback state. Non-linear systems have in general several stable states, and this number tends to increase (bifurcate) as an increasing input of energy pushes the system farther from its thermodynamic equilibrium. To adapt to a changing environment, the system needs a variety of stable states that is large enough to react to all perturbations but not so large as to make its evolution uncontrollably chaotic. The most adequate states are selected according to their fitness, either directly by the environment, or by subsystems that have adapted to the environment at an earlier stage. Formally, the basic mechanism underlying self-organization is the (often noise-driven) variation which explores different regions in the system’s state space until it enters an attractor." Francis Heylighen "The science of self-organization and adaptivity" (fichier .pdf)
Mais alors, il y a des risques!

Oui, le risque, dans les situations complexes est irréductible, contrairement à ce qu'enseigne l'analyse déterministe cartésienne.

  • Selon une définition ancienne de Frank Knight, le risque est ce contre quoi l'on peut s'assurer car on dispose de séries statistiques, tandis que l'incertitude n'est en aucune manière prévisible. On peut parvenir à connaître rationnellement les risques par l'usage des probabilités, mais pas l'incertitude qui s'inscrit dans le champ de la théorie de la connaissance.Frank Knight : le risque comme critique de l’économie politique

Ce principe général d'incertitude est corroboré par l'étude que nous avons faîte de 63 grands projets complexes de par le monde: le programme IMEC

Pour piloter les projets complexes où le risque est irréductible, nous avons conçu la méthode S+ (fichier .pdf 850K, réservé aux abonnés).

Les conclusions sont parues à MIT PRESS

The Strategic Management of Large Engineering Projects

Shaping Institutions, Risks, and Governance

by Roger Miller, Donald R. Lessard,

En vente en ligne

  • Le chercheur de référence dans le domaine des risques technologiques est Patrick Lagadec . Il met sur son site la version intégrale de plusieurs de ses livres et articles. Indispensable!
Edgar MORIN 
  • Edgar MORIN est un théoricien important de la pensée complexe qui a fait un parcours interessant puisqu'il vient du marxisme - donc d'une logique totalement déterministe.
  • Sur la réforme de l'université à la lumière de la systémique, Edgar Morin défend des thèses plus que douteuses sur l'apprentissage de la "reliance" dès l'école primaire. Relier avant de connaître? Il n'est pas étonnant que Morin soit devenu une caution du courant "pédagogiste" actuel qui oppose contenu de l'enseignement et pédagogie."Réforme de la pensée et transdisciplinarité"
  • Une pensée de l'incertitude et de la fin du déterminisme, qui nous donne pourtant une bonne définition de la stratégie: "La stratégie est la conduite raisonnée d'une action dans une situation et un contexte comportant incertitude et éventuellement dangers. Une stratégie s'élabore en fonction de finalités et de principes, envisage divers scénarios possibles du déroulement de l'action, choisit celui qui lui semble le plus adéquat selon la situation: tantôt il vaut mieux accepter un scénario qui minimise les risques mais également les chances, tantôt il vaut mieux choisir un scénario qui maximise les chances mais également les risques" ("Terre - Patrie")

Mettre en pratique l'analyse système:
  • Une application à la conception des processus industriels et organisationnels
    1. Un détour par le site d'INCOSE (l'ingéniérie par approche système) est indispensable, accédez en français par l'AFIS


 


Halte à la crétinisation de masse !

Comment s'opèrent les choix collectifs dans les systèmes humains? Comment se construit un consensus et peut-on y parvenir?

Les sociétés peuvent-elles être pensées comme des systèmes, et à partir de là comment penser leur évolution?

Deux articles importants au Santa Fé Institute, par des chercheurs du Laboratoire National de Los Alamos

  1. Symbiotic intelligence : Self-Organizing Knowledge Driven By Human Interaction
  2. Collective Choice and Mutual Knowledge Structure

Quel lien peut-on faire entre la dynamique des systèmes et la philosophie politique?

Le rôle central de la notion de "bien commun" dans la dynamique des systèmes "Actualité du bien commun": "Nos sociétés sont complexes en raison de la multitude de variables qui interagissent dans la création des phénomènes, et de la faillite des modèles déterministes, qui prétendent associer un effet à une cause. Les sciences de la complexité nous enseignent aujourd'hui que cette complexité est irréductible, mais que l'on peut y évoluer, voire la piloter, si l'on se donne un système de pilotage au moins aussi complexe que le système observé. Agir sur les phénomènes, c'est donc d'abord les comprendre en décloisonnant la pensée par une approche pluridisciplinaire, dans une démarche heuristique de résolution de problème qui améliorera progressivement des hypothèses par confrontation aux faits.
Nous sommes renvoyés à deux questions:
  1. peut-on bâtir une vérité reconnue comme telle par un ensemble d'acteurs d'un système complexe, et
  2. peut-on les amener à travailler ensemble à partir de points de vue divergents pour bâtir un point de vue commun?"
  • Comment se bâtit la coopération dans les systèmes humains? The Emergence of Social Organization in the Prisoner's Dilemma: How Context-Preservation and Other Factors Promote Cooperation "We systematically investigate how the emergence and maintenance of cooperation is affected by variations in three key dimensions: (1) strategy space from which the agents' strategies are selected, (2) the interaction processes that channel agents into interactions, and (3) the adaptive processes that govern the changes in agents' strategies over time. Overall, our experiments both confirm results which have been reported in the literature (e.g., that embeddingagents in a 2 dimensional space can lead to the emergence of cooperation), and our results demonstrate surprising results (e.g., that high levels of cooperation can arise even when agents are randomly mixing, when the agents use simple deterministic strategies and update them using a kind of evolutionary algorithm)"
  • Bâtir des confrontations constructives entre les hommes, c'est l'objet du livre d'Emmanuel Juste DUITS "Penser et agir dans la complexité"
  • Des exemples de systèmes adaptatifs, qui se transforment au contact de l'utilisateur.
Les systèmes cognitifs, comment ça marche?

Un moteur de recherche dédié au management de la connaissance ("Knowledge management")

[Knowledge Management Research]
Knowledge Management Research: Search Options or Knowledge Management

Qu'est-ce que l'intelligence collective?

  • "Mettre en oeuvre l'intelligence collective", par Vincent Lenhardt et Claude Rochet: "Nous entendons par intelligence collective la dynamique d'acteurs se rassemblant autour de finalités partagées, rendue possible par une mutation culturelle et la maîtrise des nouvelles technologies de communication. L'intelligence collective devient le vecteur de mutation de l'entreprise. Sa promotion suppose la mise en oeuvre de processus éducatifs, de développement et de changement culturel des personnes. Elle est rendue possible par des moyens logistiques (internet, intranet), mais ne peut exister sans un minimum d'alliance entre les acteurs. La mise en oeuvre de ces changements rend nécessaire un ensemble d'accompagnements interconnectés (accompagnement par les dirigeants, les consultants internes et externes) : constructions collectives de visions, coaching, cohésions d'équipes, pilotage stratégique.
  • Collective intelligence and its implementation on the web, par Francis Heylighen: L'article étudie comment utiliser le WWW comme carte mentale pour pratiquer la résolution de problème. (Beaucoup d'autres articles disponibles): Collective intelligence is defined as the ability of a group to solve more problems than its individual members. It is argued that the obstacles created by individual cognitive limits and the difficulty of coordination can be overcome by using a collective mental map (CMM).
  • The symbiotic intelligence project, du Laboratoire National de Los Alamos: "The goal is to analyze and facilitate how people, in the process of accessing and using information on networks, create new knowledge without premeditation. We argue that the symbiotic combination of humans and smart networks will result in a previously unrealized capability of collective problem identification and solution. This capability is based on the pre-existing self-organizing dynamics of social evolution. This symbiotic intelligence will greatly increase the success of organizations in achieving their goals, better utilizing their resources and preparing for the future. For the human society as a whole, this new resource will improve our quality of life and vitality as a species."
  • The quest for collective intelligence
  • Et sans doute le projet le plus étonnant: The Global Brain, issu de la pensée de Teilhard de Chardin et de son idée de noosphère, qui est l'ensemble des outils de pensée créés par l'homme (par opposition au monde minéral ou animal). Les technologies de l'information peuvent-elles permettre de connecter toutes ces bases de connaissance ensemble et former une intelligence globale? Lire une définition donnée par un des promotteurs du programme, Cliff Joslin "Why could we mean by global brain?"

  • Quel est est lien entre sciences cognitives et psychologie? L'auteur de référence est le chilien Humberto Maturana
    • "The Biology of Cognition is an explanatory proposition that attemps to show how human cognitive processes arise from the operation of human beings as living systems. As much, The Biology of Cognition entails reflexions oriented to understand living systems, their evolutionary history, language as a biological phenomenon, the nature of explanations, and the origin of humaness. As a reflection on how we do what we do as observers it is a study in the epistemology of knowledge. But, and at the same time as a reflection on how we exist in language as languaging beings, it is a study on human relations" (H.MATURANA)
    • "THE CONTRIBUTIONS OF HUMBERTO MATURANA TO THE SCIENCES OF COMPLEXITY AND PSYCHOLOGY"
  • Comment apprend-on? La cognition
    • L'énaction, notion développée par le cogniticien Francisco Varela nous montre que notre connaissance est le produit d'une co-évolution entre nos capacités et notre environnement: "la connaissance est le résultat d'une interprétation permanente qui émerge de nos capacités de compréhension, elles-mêmes enracinées dans l'histoire de notre relation à l'environnement. Ces capacités s'avèrent alors inséparables de notre corps, de notre langage et de notre histoire culturelle, elles nous permettent de donner un sens à notre monde".
    • Le paradigme constructiviste et la constitution d'une anthropologie cognitive, cours de J. Theureau qui présente les travaux de Varela
  • Qu'est-ce que la connaissance tacite?

Comment se crée la connaissance?

La connaissance ne peut jamais être totalement la réalité car "nous ne raisonnons que sur des modèles" (Paul Valéry). Elle est donc une construction de la réalité, d'où la notion de constructivisme, qui s'oppose à l'empirisme et au positivisme qui prétendent par une observation répétée parvenir à une connaissance parfaite de la réalité et à en formaliser des "lois" déterministes qui doivent conduire notre comportement, et surtout le comportement de la politique. Telle est la conception développée par Jean-Baptiste Say et Auguste Comte.

Pour le constructivime radical, développé par un des pères des sciences de la complexité, Ernst Von Glasersfeld : Apprendre est un processus d'adaptation dynamique vers des interprétations de l'expérience viables . L'apprenant ne construit pas nécessairement la connaissance d'un monde « réel ». Chacun crée sa propre réalité. Le constructivisme radical ne réfute pas une réalité objective, mais déclare simplement que nous n'avons aucun moyen de savoir ce que la réalité devrait être. Les constructions mentales, construites à partir d'expériences passées, aident à imposer un ordre au flot continu d'expériences de l'apprenant. Pourtant, lorsqu'ils échouent, à cause de contraintes internes ou externes, les construits changent et essaient de s'accommoder aux nouvelles expériences. La « vérité » dans le sens épistémologique, est remplacée par la « viabilité », limitée par des contraintes physiques et sociales. La grande diversité des opinions publiques dans la société actuelle, sur presque tous les sujets imaginables, est une preuve de l'énorme portée des construits viables possibles pour permettre la survie et l'évolution dans le monde.

A dynamic theory of organizational knowledge creation , un article du maître de la discipline, Ikujiro Nonaka, dont il faut bien sur lire le livre " Tke knowledge creating company "

A cette étude qui porte principalement sur la firme, il faut ajouter l'ouvrage récemment paru (2006) de David Warsh "Knowledge and the Wealth of Nations" qui est une large fresque historique de l'évolution de la théorie économique qui en vient à faire du savoir la ressource stratégique qui permet de sortir de la loi des rendements décroissants. Un ouvrage absolument passionant qui n'a qu'un défaut, génant dans ce cas précis, l'absence de bibliographie!

  • L'enjeu stratégique de la connaissance:
    1. "Le pouvoir du savoir", une conférence que j'ai faite (1999) devant les cadres supérieurs de l'Etat de Genève. Fichier .pdf
    2. The Global Superorganism: an evolutionary-cybernetic model of the emerging network society: L'émergence d'un cerveau global est-elle favorisée par le développement des réseaux? Un article de Francis Heylighen qui s'inscrit dans le programme de recherche "Global Brain"
    3. Un grand classique le Xerox Palo Alto Research Center, où s'effectuent les recherches sur la connaissance distribuée en réseau, en lien avec le Laboratoire National de Los Alamos.
  • Les organisations virtuelles
    1. "Learning in Imaginary Organizations; Creating and sharing knowledge in virtual systems." sur le site de Bo Hedberg
    2. Frontières et développement de l'organisation imaginaire, par Philippe Baumard "L’objectif de cet article est de recenser les archétypes usuels de l’organisation et de ses transformations, en se fondant sur la littérature de la théorie organisationnelle, pour les confronter aux nouvelles formes d’organisation que les technologies de l’information ont rendu possibles"
  • Créer un avantage stratégique pour la firme par la génération de connaissance:
    1. From infowar to knowledge warfare: preparing for the paradigm shift, Philippe Baumard "let us remind that information is not knowledge, and then let us investigate how to deal with knowledge, instead of information. As general Francks pointed out, "Vietnam was the first battlefield use of computers. The Univac 1005, which the 25th infantry division installed in 1966 at Cu Chi, filled an entire van (…) uploads/images of the enemy and terrain were captured with conventional cameras and television with light intensification devices, radar, and infrared devices. Sensors and high altitude reconnaissance scanned 100,000 square miles per hour providing commanders with a heretofore unknown view of the battlefield". Meanwhile, Vietnamese population was digging underground tunnels. Similarly, French Foreign Legion was settling its command outposts on hills, as to dominate battlefields, and meanwhile, Vietnamese soldiers were digging the crops and burying themselves in the face and "vision" of the enemy… Proving, if necessary, that neurons from the retinas only account for 20% of vision. What was dramatically missing was not information, but knowledge in general, and an adequate form of "knowing" in particular. "We are on the threshold of an era where order can be achieved largely through knowledge… not necessarily through physical order"

"L'innovation, une affaire d'Etat"

  • Les pays leaders, à l'heure de la III° révolution industrielle, sont ceux qui savent développer une pensée politique appropriée au développement des opportunités technologiques. Cette pensée inclut l'art de la triche que Friedrich List a décodé le premier avec « la stratégie du retrait de l'échelle » qui a consisté, pour les Anglais, à prôner aux autres le libre-échange pour écouler la production de leur industrie qu'ils avaient édifiée à l'abri du protectionnisme. L'art de la triche fait partie du jeu des puissances, il est de faire croire à ses concurrents qu'il existe une gestion optimale unique de l'économie valable en tous temps et en tous lieux. La protection et le libre-échange ne sont jamais des solutions bonnes en elles-mêmes, mais font partie d'une stratégie de constitution d'actifs technologiques. Les pays gagnants sont ceux qui savent animer ce mouvement en mettant la politique et la stratégie aux commandes, les pays perdants sont ceux qui se laissent engloutir dans les marais de l'idéologie.
    Nous en avons sous les yeux deux exemples : le retour de la Chine et l'effondrement de l'Europe. (...)
  • Une nouvelle discipline - le nom anglais donne quelque chose d'horrible en français! - la mémétique, par analogie avec génétique. Son fondateur est Richard Dawkins, un éthologue qui est le meilleur vulgarisateur de la théorie de Darwyn sur l'évolution dans son livre "le gène égoïste" (en français), où il définit le "même" comme le gène de base à partir duquel se construit la connaissance. Le "même" est assimilable au gène, et la connaissance au "phénotype" qui est un construit. Le "meme" se définit comme "The least unit of socio-cultural information relative to a selection process that has favourable or unfavourable selection bias that exceeds its endogenous tendency to change." (What's in a Meme? Reflections from the perspective of the history and philosophy of evolutionary biology).
  • MÈME: unité d'information culturelle transmissible (idée, technique, comportement, habitude, tradition, mode) qui se copie d'un cerveau vers d'autres cerveaux, selon des processus évolutionnistes.
  • Dès lors on peut se poser la question de la capitalisation et de la transmission du savoir. Une réflexion des plus utiles à l'heure où le "pédagogisme", tente sous un discours scientiste, d'introduire la confusion entre savoir et information et, au nom de "l'apprentissage tout au long de la vie" de dévaloriser la transmission des savoirs. A rapprocher des travaux de Joël Mokyr sur "l'économie politique de la connaissance".
  • Un journal scientifique: Journal of memetics.
  • La société francophone de mémétique la définit ainsi:
    • "Le mot mème : d’où vient-il ? Il apparaît dans le livre de l’éthologiste Richard Dawkins Le gène égoïste, 1976, chapitre 11. Dawkins choisit un monosyllabe ressemblant à gène, mais rappelant les idées de mémoire, de ressemblance (du français « même ») et d’imitation, ainsi que l’idée de plus petite quantité d’information. Bref, un mot génial, bien trouvé, imparable. Un pur réplicateur qui s’ancre davantage dans votre mémoire chaque fois que vous essayez de l’oublier !"

Voir notamment :

Comprendre l'économie par l'analyse systèmique:

  • La théorie de la croissance endogène - ou nouvelle théorie de la croissance - montre que l'économie a pour principal facteur de production la connaissance et que dès lors elle évolue dans un univers non fini qui suit les principes évolutionnistes. Dans certains cas, si les conditions de stabilité des conditions initiales sont réunies (donc, en pratique, si l'on est parvenu à modéliser un système complexe d'interactions causes-effets) son fonctionnement est chaotique, d'où la possibilité pour les politiques publiques de chercher les "effets papillons", soit les petites causes qui peuvent avoir de grands effets.
  • Mais généralement la croissance est la co-évolution des sous-systèmes qui la composent: science, technologie, culture, économie et politique. Chacun de ces sous-systèmes est dit "semi-autonome": il a sa propre trajectoire tout en modifiant son environnement et donc la trajectoire des autres sous-système. On parle également de systèmes adaptatifs qui sont dotés de propriété autoorganisatrices.
  • De quoi mettre à bas la cathédrales d'équations bâties par les crânes d'oeufs de la Banque mondiale, du FMI et de l'Organisation de Bruxelles!
  • Bref, des apports importants pour comprendre comment fonctionne l'économie mondiale comme système dynamique instable à l'heure de la mondialisation, et laisser d'un côté le dogmatisme des ultra-libéraux et les alter-âneries de l'autre. Ma page sur la mondialisation

La théorie des systèmes appliquée à l'économie

  • "Apports de la systémique à la gestion des institutions et des organisations publiques" conférence faite au CNAM dans le cadre de l'AFSCET
  • La revue de la littérature la plus exhaustive est pour moi, à ce jour, l'ouvrage de Beinhocker The Origin of Wealth: The Radical Remaking of Economics and What it Means for Business and Society. L'auteur, associé chez McKinsey, a participé aux programmes de recherche du Santa Fé Institute consacrés à l'économie comme système complexe. L'ouvrage présente l'ensemble des recherches théoriques et aucune question n'est laissée de côté. Il permet de tirer un trait que l'on voudrait définitif sur les théories de l'équilibre général conçues par Walras et Jevons au XIX° siècle sur la base d'un bagage scientifique incomplet qui pouvait laisser l'illusion d'un fonctionnement déterministe du monde. L'apport des théories de la complexité permet de ruiner les prétentions des théories économiques dominantes renouvellées par Samuelson en 1948, qui ont donné aux marchés le même statut messianique à l'Ouest que celui de la classe ouvrière à l'Est! Le choix n'est donc pas entre le "tout Etat" et le "tout marché", mais dans une compréhension fine de la mécanique économique qui n'est qu'une illustration d'une mécanique sociale beaucoup plus vaste. A lire absolument.
  • Beinhocker nous fait également découvrir les travaux méconnus de Nicholas Georgescu-Roegen qui, initialement disciple de Samuelson, a remis en cause les dogmes mécanistes de l'économie néoclassique pour introduire dans l'analyse économique le principe d'entropie comme loi commune à tous les systèmes vivants.
  • Présentation du livre
  • Note de lecture (les éconoclastes)
  • The Economy as an Evolving Complex System, un ouvrage clé du Santa Fé Institute
    • Derived from the 2001 Santa Fe Institute Conference, "The Economy as an Evolving Complex System III," represents scholarship from the leading figures in th area of economics and complexity. The subject, a perennial centerpiece of the SFI program of studies has gained a wide range of followers for its methods of employing empirical evidence in the development of analytical economic theories. Accordingly, the chapters in this volume addresses a wide variety of issues in the fields of economics and complexity, accessing eclectic techniques from many disciplines, provided that they shed light on the economic problem. Dedicated to Kenneth Arrow on his 80th birthday, this volume honors his many contributions to the Institute. SFI-style economics is regarded as having had an important impact in introducing a new approach to economic analysis.
  • Rationality for economists, Daniel McFadden, University of California, Berkeley
  • What should policy makers know about complexity? Steven Durlauf
    • "This essay is written with two goals. The first is to outline the main ideas underlying the growing study of complex economic environments. The second is to suggest areas of public policy where those ideas might be important. Both goals are necessarily speculative. The study of complex systems, whether natural or social, is still in its infancy. While many insights and plausible conjectures have been generated, the long term importance of this work is still unclear. In formal analyses, complexity denotes something quite different from merely "complicated" or "hard to analyze or solve."
  • Kenneth Boulding est le père de l'approche systèmique appliquée à l'économie:
  • Brian Arthur (totalement inconnu en France!) est un des économistes qui a travaillé avec le Sante Fé Institute, notamment sur les questions de rendements croissants d'adoption, de dépendance de sentier, de rendements croissants, qui sont liés au principe des feedback positif en économie.

La synthèse la plus brillante est celle de Chris Freeman et de Francisco Louçà "As Time Goes By". Je renvoie le lecteur à mon cours de management public.

Mais le père de la systémique comme explication du moteur du développement des sociétés est sans aucun doute Adam Smith, (Darwin l'avait lu, ainsi que Malthus, pour formuler sa théorie de l'évolution) comme le montre brillament la thèse de Michaël Biziou, "Adam Smith et l'origine du libéralisme" . La parabole de la "main invisible" n'a jamais été une apologie du "laisser faire" (qui est un concept physiocrate inventé par François Quesnay) mais l'intuition que la société ne peut trouver son équilibre que dans un ordre supérieur, un méta système répondant aux principes de l'harmonie générale qui fait qu'une société peut fonctionner. Smith se situait ainsi dans la continuité de la doctrine du droit naturel de Thomas d'Aquin.

D'après Schumpeter (Histoire de l'analyse économique), Smith n'a pas inventé ni découvert grand'chose, sa contribution a surtout été d'être un professeur qui a formé des professeurs et unifié un corps de doctrine préexistant. Il sera toutefois à l'origine de la rupture avec la conception systémique du développement avec sa théorie de la valeur reposant uniquement sur la division du travail, elle-même fonction de l'extension du marché, aux dépens de l'industrie, fonction qu'il ignore. Mais cette rupture sera surtout le fait de ses successeurs, David Ricardo et Jean-Baptiste Say.

Comment les technologies évoluent-elles ? Pourquoi certaines technologies viennent à maturité et pas d'autres? Quelles sont les interactions entre systèmes techniques et systèmes sociaux?

Le spécialiste de référence est l'historien Joel Mokyr, professeur à Northwestern, qui étudie l'histoire de la technologie du point de l'évolution des systèmes vivants en faisant apparaître similitudes et différences: les systèmes techniques disposent de plus de possibilités de variation car il y a une permanence de la connaissance de base créée par l'homme (on retrouve ici une analogie avec le monde 3 de Karl Popper bien qu'il s'agisse ici non seulement de la connaissance scientifique mais aussi des croyances). On peut dès lors comprendre ce qui fait la dynamique des révolutions industrielles et dépasser la notion superficielle de "nouvelle économie" pour s'inscrire dans le temps long, cher à Fernand Braudel, et comprendre les "trends" - ou cycles de Kondratiev - qui expliquent la dynamique du progrès technique et du développement économique. La base de connaissance utile (la useful knowledge) est constituée de l'interaction entre la connaissance épistémique (équivalent au gène dans la théorie de l'évolution) et la connaissance empirique.

A lire:

Les travaux de Carlota Perez sont également essentiels pour comprendre cette évolution. J'ai publié une synthèse sur ces sujets.

Pourquoi certaines nations savent-elles mieux tirer profit des opportunités qu'offre la technologie?

L''ouvrage incontournable est ici celui de David Landes "The Wealth and Poverty of Nations: Why are some So Rich and Others So Poors?". Un des rares ouvrages des historiens évolutionnistes à être traduit en français ! (à lire absolument, donc) Richesse et pauvreté des nations. Landes montre que c'est la culture nationale et la qualité des institutions publiques qui explique la divergence entre les nations et leurs capacité à exploiter les opportunités de la technologie pour développer l'économie et la société.

Un apport important à une époque de mondialisation, où l'on raconte un peu n'importe quoi. Si l'ouverture des frontières peut-être une bonne choses au sens où elle favorise l'échange et les opportunités économiques, il faut prendre garde à ce que cela crée un élément supplémentaire de compexité qu'il faut pouvoir piloter, ce qui n'est pas le cas actuellement, comme le souligne aujourd'hui Carlota Perez. Un monde prospère est un monde conjugant diversité politique (donc des sous-systèmes stables et pilotable) et ouverture (donc possibilités d'interaction entre ces sous-systèmes).

Une nouvelle édition du livre fondamental de Landes "The Ubound Prometheus" pour comprendre la dynamique du système socio-économique qui a permis la révolution industrielle en Europe.

In this new edition of his classic history on revolution and economic development in Europe, David Landes reasserts his original arguments in the light of current debates about globalization and comparative economic growth. Questions about why Europe was the first to industrialize and the viability of the post-war economic boom are as controversial as ever and Landes concludes that only by continuous industrial revolution can Europe and the world sustain itself in the years ahead.

En pratique, la conception systémique du développement était présente dès la Renaissance, comme le montre avec conviction Erik Reinert, économiste norvégien, un des leaders de l'école évolutionniste en économie politique. Sa thèse centrale est que l'économie classique n'a jamais été appliquée dans les faits. Le libre-échange a toujours été un produit d'exportation des pays leaders (l'Angleterre aux 18° et 19° siècle, les Etats-Unis au 20°) pour empêcher les pays moins avancés de se construire une industrie nationale compétitive, ce qu'avait déjà bien montré Friedrich List dans son Système national d'économie politique, ouvrage d'une actualité étonnante, qui préfigure l'approche contemporaine des systèmes nationaux d'innovation.

En bref, le libre-échangisme n'aura été qu'une parenthèse pour permettre aux benêts qui y croient de se tirer une balle dans le pied! Des lectures qui seraient bien utiles pour les thuriféraires de l'usine à gaz de Bruxelles... Le scénario se reproduit aujourd'hui avec la Chine, qui applique exactement la même stratégie que l'Angleterre du XVIIII° siècle et les Etats-Unis aux XIX° et aux XX°.


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