De nouvelles possibilités de création de valeur :
- Les technologies de l'information et de la communication (TIC) transforment le monde en le complexifiant. Elles permettent de relier les domaines de la pensée et de l'activité humaine et les acteurs de la recherche et de l'industrie. De par cette capacité de maillage et l'augmentation de la vitesse des communications au rythme de la loi de Moore, on peut parler de rupture. Mais l'essentiel de la révolution technologique est d'ordre incrémental car elle repose sur les capacités d'apprentissage par essais et erreurs de l'homme et des sociétés humaines.
- Son effet est d'un côté de pouvoir standardiser les objets et processus récurrents - tout ce qui peut être automatisé - et de l'autre d'accrôitre les possibilités d'innovations qui vont naître de la capacité à concevoir des architectures nouvelles à partir de ces objets.
- Pour réussir dans ce nouveau contexte, il faut pouvoir jouer sur deux tableaux: d'abord maîtriser les technologies fondamentales et donc, investir considérablement dans les activités de R&D technologiques, et, ensuite, développer les capacités d'innovation liées aux possibilités d'interconnection.
- Il ya donc combinaison de deux activiés: l'une, très contemporaine, la technologie, et l'autre, très classique, la pensée humaine, en fait le logos de techno-logie.
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Pour en savoir plus...

Le coeur du débat: est-ce la technologie en elle-même ou la reconfiration des processus qu'elle permet qui crée de la valeur? A lire, cet excellent ouvrage IT doens'nt matter. Voir surtout les débats suscités par l'ouvrage
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Les systèmes dinformation permettent de :
- Lier intention stratégique et processus opérationnels, notamment par la modélisation des processus
- Créer des configurations organisationnelles nouvelles qui permettent des stratégies plus ambitieuses
- Et surtout rendre possible le contrôle de gestion stratégique et lévaluation.
Cest donc à tort que beaucoup de dirigeants se désintéressent du pilotage des systèmes dinformation, les réduisant à la gestion de lautomatisation des opérations répétitives ou plus récemment au développement de lInternet.
- Dune part ce sont des occasions considérables non seulement de reconfiguration des processus existants qui sont manquées mais surtout de possibilités nouvelles de conception et de pilotage de politiques complexes.
- Dautre part, la matière étant nouvelle et en développement permanent, une trop faible culture S.I laisse les responsables entre les mains de fournisseurs de « solutions » qui le sont plus souvent pour leur problème que pour ceux de leurs clients.
Enfin, si le pilotage stratégique nintègre pas le pilotage des S.I. il sera difficilement possible de les aligner sur les métiers. Ces carences de pilotage sont la cause déchecs retentissants des grands projets informatiques générateurs de contre-performance et de gaspillage.
Les perspectives ouvertes par les TIC
Les technologies de linformation parviennent aujourdhui à leur troisième génération et à chaque génération est liée une logique dorganisation.
1- La première génération était celle de linformatique centralisée autour de macro-ordinateurs et de base de données hiérarchiques dont le principe était fixé une fois pour toutes. Les applicatifs étaient faits maison et dédiés à la plate-forme (au point que pour les modifications pour le passage à lan 2000 il a été souvent difficile de retrouver leur documentation et que parfois les codes sources étaient perdus !). Ce type dinformatique correspondait à lorganisation taylorienne du travail, avec un centre dominant et une organisation cloisonnée et non communicante. Lobjectif de linformatique était principalement le traitement automatique des données. Un tel système ne permettait pas le changement.
2- La seconde génération dont nous vivons actuellement la dernière phase est basée sur un standard plus souple, le langage UNIX qui permet un fonctionnement multi plateforme. Les données étaient structurées en bases de données relationnelles permettant le changement et lévolution des architectures.
Cette évolution technologique est semblable à celle qui a vu le passage, dans lindustrie, de la machine à vapeur qui fournissait une source dénergie centrale reliée aux machines par des courroies au moteur électrique sur chaque machine. Les processus de production y gagnent en souplesse et leur architecture nest plus contrainte par une organisation hiérarchique .
Cette possibilité dorganisation modulaire est facilitée par lapparition de grands logiciels dautomatisation des processus standard dune organisation, les ERP (enterprise resources planning). Un tel système permet de passer de linformatique au système dinformation puisque lon peut raisonner en termes dhomothétie entre larchitecture des processus de lorganisation et larchitecture du S.I. On peut donc, « aligner le S.I sur lorganisation », et ces outils rendent possibles la construction dun contrôle de gestion stratégique puisquils permettent didentifier les activités critiques et les inducteurs de performance.
La limite de cette génération est que les processus automatisés par les ERP sont des processus génériques établis à partir dun état de lart des métiers et non pas les processus spécifiques de lorganisation. Si limplantation des ERP permet de penser en termes darchitecture les processus, elle fait courir le risque dune standardisation à outrance qui peut savérer, et même dangereusement, contre-performante.
Pour traiter cette difficulté, on peut utiliser la clé suivante : lutilisation lERP sera justifié dans les opérations de type administratif relativement banales ; par contre, pour les opérations qui relèvent du cur de métier et sur lesquelles elle a une expertise « pointue », il vaudra mieux utiliser des logiciels spécifiques car le coût dadaptation de lERP serait trop élevé.
3- La troisième génération à venir dans les dix prochaines années va être basée sur la technologie Internet qui permet de connecter à peu près tout avec tout et qui peut simplanter sur tout poste de travail à laide dun simple navigateur. La technologie devient une « commodité » que lon peut acheter en grande surface !. Au lieu de gérer des données, on peut gérer des processus que lon peut décrire par un langage spécifique, le BPML . Dici quelques années, les éditeurs actuels dERP annoncent leur reconversion dans des progiciels ne présentant plus les risques et les rigidités des ERP : on pourra alors réaliser un alignement « parfait » du système dinformation. Mais de ce fait, les questions dorganisation, de partage des responsabilités et des profits, de gestion des comptes entre partenaires se posent avec dautant plus dacuité.
Progiciel de gestion intégré
ERP, Enterprise Resources Planning
Ensemble de logiciels intégrant les principales fonctions nécessaires à la gestion des flux et des procédures de l'entreprise (comptabilité et finances, logistique, paie et ressources humaines, etc.). Tous ces logiciels accèdent à des ressources communes, en particulier des bases de données.
Pourquoi toujours refaire les mêmes erreurs?
Il y a vingt ans paraissait The Mythical Man Month d'un ingénieur de chez IBM, Fred Broks, recensant toutes les erreurs à ne pas faire dans le développement d'une application. Rien n'a changé et la réédition du livre est d'une actualité brûlante!
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- Le dossier e-commerce de The Economist
- Internet bouleverse les relations entre les entreprises, beaucoup plus que le commerce entre les entre entreprises et les particuliers - qui reste d'un niveau très faible c'est le commerce interentreprise ou "business to business" ou B2B



Une foule de liens sur le site du DEA des Sciences de l'Information et de la Co..
© Claude Rochet
A lire: Mon commentaire sur le livre blanc de EDS "l'e-gouvernement en France"

"Le business process management est, quant à lui, un terme générique désignant à la fois la modélisation et la traduction, à l'aide d'un "moteur", des processus modélisés dans la réalité de l'entreprise. A cela s'ajoute, bien évidemment, des outils indicateurs, tableaux de bord... - de suivi de l'exécution des processus et d'évaluation de leur performance. C'est ce qu'on appelle, nouvel acronyme, le BAM pour business activity monitoring. Le business process management comporte donc trois composantes : modélisation, exécution, évaluation, cette dernière amenant, le cas échéant, à reconsidérer la modélisation et l'exécution, selon une démarche itérative. "
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Actuellement, les technologies couramment utilisées sont donc les ERP, ou « progiciels de gestion intégrés » (à la suite de la concentration du secteur, il ne reste plus que deux gros acteurs, ORACLE et SAP) et leur liaison par les réseaux numériques.
Ils sont conçus autour du principe dun entrepôt unique de données (cest leur grande force) autour duquel se greffent des modules de gestion (achat, gestion financière, R.H, chaîne logistique, distribution
). Les données ne sont donc saisies quune seule fois et sous un format standardisé pour tous les applicatifs de gestion.
Ils ont de ce fait une forte incidence sur la coordination et la structuration des données. La nécessité de formater les données amène à une revue exhaustive des banques de données existantes, une revue des nomenclatures et des identifiants la construction dune nomenclature dun référentiel unique. Les opérations de double saisie sont supprimées. Un accord est construit entre toutes les parties prenantes sur le caractère critique des données à saisir, leur mesure et la métrique qui y est associée.
Limplantation de ce type de progiciels suppose une connaissance exacte des processus et des inducteurs de performance, lidentification des activités critiques et des variables de pilotages associées aux inducteurs de performance. Le résultat est que processus et systèmes de pilotages sont reconfigurés en fonction des impératifs de pilotage stratégique et que tous les morceaux de processus redondants disparaissent.
Limplantation dun PGI permet dinformatiser lensemble des opérations administratives standard et de les rendre communicantes à partir dune base technologique commune.
Mais cette solution est coûteuse et risquée : Ces projets supposent un gros effort de reingéniérie dont le coût dépasse de loin les coûts informatiques purs. Leur succès repose sur lexistence dune maîtrise douvrage stratégique professionnelle qui redéfinisse le modèle dactivité de lorganisation. A défaut, on risque de faire piloter ce projet par la maîtrise duvre et de faire implicitement de la reingéniérie des processus pour faire entrer lorganisation dans les processus très standardisés du logiciel et non linverse ! Les conséquences peuvent en être une perte de contrôle et un blocage général du système dinformation qui ne sera plus du tout aligné sur lorganisation . Le recours à un PGI nest donc valable quune fois organisée lalignement stratégique.
Les PGI, en tout état de cause, ne permettent pas dinformatiser le cur du métier. Des technologies plus légères de modélisation comme le langage UML et les approches qui préparent une programmation objet (chaque « objet », en terme de système dinformation, décrivant un dossier traité par une activité dun processus, nommé "service") permettent de définir le système dinformation autour de larchitecture des processus de létablissement sans être contraint par la standardisation de lERP.
Les TIC vont permettre une mise en réseau par les intranets (documentation électronique, messagerie, workflow
) qui vont créer des fonctionnalités dinformatique communicante.Le multimédia va permettre dassurer la cohérence de la relation avec lensemble des partenaires, quel que soit le canal (courrier, téléphone, Internet, réunion
). Ce périmètre nest pas limité à lorganisation, mais peut inclure les clients, les founisseurs, les co-traitants... Ainsi, dans le domaine public, pour évaluer lefficacité dune politique de sécurité sanitaire, le périmètre doit inclure les professionnels de santé, les laboratoires et les professions agricoles.
Lassociation de ces architectures avec internet, grâce notamment au développement du langage de description des données XML et aux « Web services », permet de dépasser larchitecture client serveur et de faire disparaître presque totalement limplantation de code sur les postes client. Les systèmes deviennent interopérables, le poste de travail se simplifie considérablement et un simple navigateur permet de bâtir les requêtes et des tableaux de bord prospectifs (« balanced scorecard ») en temps réel.
En conclusion, on butte jusquà aujourdhui sur lécart entre le design des processus à la main, qui permet de définir des systèmes spécifiques, et lobligation de les faire entrer dans les processus standardisés des ERP. Les technologies de la prochaine génération devraient permettre de dépasser cet obstacle en fournissant un langage de description des processus .
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- Internet devient la base de l'utilisateur dans un environnement progiciel. Un simple logiciel de navigation suffit pour accéder à la base de donnée et aux applications, entièrement conçues en langage XML (lire le numéro spécial de VendEdi consacré à XML) . C'est l'architecture client-serveur qui disparait avec la disparition de tout code implanté sur le poste client. Les Web Services vont pouvoir permettre de dessiner des architectures reliant d'un bout à l'autre tous les processus d'activité des firmes, pour une performance supérieure et un coût moindre à l'intégration d'application (EAI)
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- Intranet : L'Intranet n'est pas une technologie mais une méthode pour faciliter la circulation des idées et la vitalité de groupes de travail collectifs et autonomes dont le résultat permet une (lente) mutation des organisations et l'émergence de réels systèmes d'information : après avoir décentralisé le "comment faire", il convient maintenant de décentraliser le "quoi faire" et le "pourquoi faire". Spécifications fonctionnelles d'un intranet administratif
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- L'EDI : Echange de données informatisées. L'EDI réduit la paperasse, les erreurs de saisie, accélère la transmission des données et permet de travailler en "juste à temps". En pratique, l'EDI est assuré aujourd'hui par les intranets et les extranets avec la technologie du Web EDI.
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- CALS (continuous acquisition and life cycle support) : A l'origine une méthode de conception développée dans l'armée américaine pour coordonner les interventions des métiers dans la conception et la réalisation. CALS permet de réduire le temps de mise sur le marché et les coûts de production. CALS est aujourd"hui orienté vers le commerce électronique "Commerce at light speed".
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- Les ERP (Enterprise ressources planning) ou progiciels de gestion intégrés (PGI): ils permettent d'automatiser les tâches recurrentes d'une organisation. On procède à un état de l'art des pratiques pour identifier ce qui se fait de mieux dans une fonction donnée: comptabilité, achat, logistique, Ressources humaines, gestion de projet. L'éditeur organise son logiciel autour d'activités (des objets en langage informatique) et en définit une architecture standard. Il reste - et c'est un énorme travail - à paramétrer ces activités pour l'entreprise. C'est l'occasion de définir et de normaliser les processus de la firme. Un ERP peut être implanté au départ pour moderniser les systèmes informatiques (en pratique, remplacer une accumulation géologique de systèmes anciens), mais c'est une opportunité pour reconfigurer radicalement toute l'organisation des processus et innover radicalement dans la reconception d'un avantage concurrentiel. Mais attention: l'ERP convient pour automatiser les processus récurrents, pas ce qui est spécifique à la firme.
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L'architecture logicielle, de Jacques Printz: un des ouvrages les plus clairs et les plus complets sur le sujet:
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