Sur l'explication du fonctionnement par cycles de l'économie de l'innovation, l'auteur le plus intéressant est actuellement la vénézuélienne Carlota Perez. Voir sa présentation lors d'un forum en Estonie, septembre 2002.
Les cycles technologiques évoluent par alternance de phases de frénésie, de crises et d'âge d'or. Il y a en fait, depuis le début de la révolution industrielle, toujours eu des "nouvelles économies" qui correspondent aux phases de frénésie, prédominées par le surinvestissement et la formation de bulles spéculatives, avant qu'après des crises provoquées par des effondrements boursiers, on parvienne à une phase de stabilisation, un âge d'or, qui permet de récolter les fruits de l'innovation et d'en faire bénéficier l'ensemble de la société.
Pas de "nouvelle" économie sans "vieille" économie
La diffusion de la technologie s'accélère au fil des générations de technologie, mais, si des sauts technologiques peuvent intervenir permettant aux pays en retard de rattraper (cas du téléphone cellulaire se développant sans infrastructure filaire), une base industrielle classique (réseau électrique, égouts, éducation...) reste une condition indispensable. C'est ce que montre cette étude de la Banque Mondiale dont The Economiste se fait l'écho:
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"Scholars of economic history are not surprised. Whether steam or railways, electricity or steel, mass production or carsall technological revolutions have gone through similar long-term cycles and have eventually come of age, argues Carlota Perez, a researcher at Britain's University of Sussex, in her book Technological Revolutions and Financial Capital: The Dynamics of Bubbles and Golden Ages (Edward Elgar, 2002).
In her model (see chart 2), technological revolutions have two consecutive lives.
- The first, which she calls the installation period, is one of exploration and exuberance. Engineers, entrepreneurs and investors all try to find the best opportunities created by a technological big bang, such as Ford's Model T in 1908 and Intel's first microprocessor in 1971. Spectacular financial successes attract more and more capital, which leads to a bubble. This is the gilded age of any given technology, a great surge of development, as Ms Perez calls technological revolutions.
- The second, or deployment, period is a much more boring affair. All the quick bucks have been made, so investors prefer to put their money into the real economy. The leading firms of the new economy become bigger and slower. The emphasis is no longer on raw technology, but on how to make it easy to use, reliable and secure. Yet this period is also the golden age of a technology, which now penetrates all parts of society.
These two periods of a technological revolution are separated by what Ms Perez calls a turning point a crucial time for making the choices that determine whether a technological revolution will deliver on its promises. In her book, she concentrates mainly on the social and regulatory decisions needed to allow widespread deployment of new technology. But the same argument applies to technology vendors and customers. To enter their golden age, they have to leave their youthful excesses behind and grow up."
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En fait, la nouvelle économie a reposé sur cinq mythes:
- La fin des cycles économiques: les cycles croissance, stagnation récession, de durée diverse, sont toujours d'actualité et n'ont pas été remisés au magasin des accessoires par Internet
- La croissance de la productivité réduirait simultanément le chômage et l'inflation: malheureusement, ici comme ailleurs, "les arbres ne montent pas jusqu'au ciel" et quand la croissance de la productivité ralentit on est à nouveau confronté à un arbitrage entre soutien à l'emploi et maîtrise de l'inflation.
- Internet change radicalement la manière d'évaluer les firmes: là encore, la fin de la bulle a rappelé la permanence des fondamentaux de l'économie.
- "Les clients comptent plus que les profits": pendant la bulle, on disait aux analystes de ne pas s'alarmer des pertes abyssales des start-Up, que l'important était la progression de leur clientèle. Là encore, les fondamentaux économiques ont rappelé leur réalité.
- "Le trafic Internet va doubler tous les 100 jours": cette croyance a amené à des surinvestissements qui pèsent aujourd'hui sur la profitabilité des firmes. Seuls 2% de la capacité totale installée de fibre optique est aujourd'hui utilisée!
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